mardi 30 juin 2015

L'hyperphagie: au-delà de la gourmandise, le trouble alimentaire.

** texte originalement publié en novembre 2012 mais je le republie avant de renchérir avec d'autres textes afin de bien faire connaitre ce trouble alimentaire toujours méconnu!
Pour en savoir d'avantage sur mon expérience avec l'hyperphagie, voici mon partage: http://lanciennegrosse.blogspot.ca/2012/12/lhyperphagie-mon-experience.html

Ne pas reprendre le poids perdu est une victoire en soi! Mais je réalise ô combien c'est spécial quand on a souffert de troubles alimentaires... C'est là la victoire que je veux partager: on ne guérit jamais d'un trouble alimentaire ou d'une dépendance, mais il est possible d'avoir une vie belle et saine!

Manger est un besoin essentiel et généralement une source de plaisir. Maisqu'en est-il lorsque l'idée de manger devient une souffrance? Ou que l'idée de manger soit notre source principale de joie ou de réconfort? Comprenons-nous; manger de la crème glacée un soir devant un film de Drew Barrymore parce que Le Gars ne nous rappelle pas, ce n'est pas un problème ;-) Mais ça peut le devenir si les prétextes pour manger s'accumulent, si la quantité avalée change, si l'idée de manger nous enlève de l'intérêt pour nos autres activités, si on vit de la honte... 

Les troubles alimentaires les plus connus sont l'anorexie et la boulimie. Le trouble qui me préoccupe est l'hyperphagie. L'hyperphagie boulimique se caractérise par l'absorption d'énormes quantités de nourriture en un court laps de temps, et ce, au moins deux fois par semaine pendant un minimum de six mois. Ce qui différencie l'hyperphagie de la boulimie, c'est l'absence de comportements compensatoires. En effet, les hyperphagiques ne prennent aucun moyen pour contrôler leur poids: ils ne se font pas vomir, ne prennent pas de laxatifs ou de médicaments amaigrissants, ne jeûnent pas et ne font pas d'exercices physiques à outrance, contrairement aux boulimiques.

J'en parle parce que bien peu de gens connaissent ce trouble et beaucoup en souffrent. Peut-être est-ce votre cas? Voici quelques traits qu'on retrouve souvent chez les hyperphagiques:
  • manger jusqu'à en avoir mal à l'estomac, jusqu'à avoir la nausée
  • quantité importante de nourriture avalée en peu de temps
  • manger sans avoir faim
  • manger seul, quitte à attendre tard le soir ou se cacher
  • se restreindre aux repas pour mieux se gaver ensuite
  • avoir fait des régimes
  • sentiment de honte, de culpabilité
La personne hyperphagique ne compensera pas son gavage comme un boulimique peut le faire. Mais elle peut tout de même tenter différents régimes. D'ailleurs, le trouble est exacerbé par les restrictionsimposées. Dans de nombreux cas, le trouble naît de l'alternance entre régimes draconiens et épisodes excessifs. C'est un cercle vicieux qui amène un surplus de poids, un sentiment de honte, l'isolement, et les différents problèmes de santé physique qui viennent souvent avec le surplus de poids.

Un trouble alimentaire est un trouble mental, une dépendance au même titre que la toxicomanie ou l'alcoolisme. Mais ce n'est pas une condamnation pour autant! Et c'est parce que je veux vraiment vous aider que je vous en parle. Je suis hyperphagique, ce qui ne m'a pas empêché de perdre du poids et de ne pas le reprendre (ça fait un peu plus de 2 ans que je me maintiens). Et au-delà de ma perte de poids, je suis surtout devenue plus forte, sereine et épanouie! Oui c'est possible! Évidemment c'est du travail, mais c'est tout à fait possible! Je reste hyperphagique et fragile en certaines circonstances. Mais si vous relisez mes textes de l'hiver dernier, vous verrez que j'y ai vécu des moments particulièrement difficiles et j'ai réussi à ne pas reprendre de poids. Dans tout ce cheminement je suis devenue plus forte, et je me sens tellement bien!!!

Je veux vous apporter de l'espoir parce que oui, c'est possible de s'en sortir! D'ailleurs je me permets un dernier partage: un jour j'ai rencontré une psychiatre qui a changé ma vie. C'est elle qui m'a posé le diagnostic d'hyperphagie. Ce faisant, elle m'a expliqué que ce trouble est un peu plus "facile" à traiter que les 2 autres. Le plus difficile c'est de commencer, parce que dès que la roue commence à tourner de l'autre côté, ça s'enchaîne, on se sent mieux et le combat est plus facile.

Vous avez des questions? Des commentaires? Des questions? N'hésitez pas! Je suis là pour vous! Vous pouvez me rejoindre:
Je vous souhaite tellement d'être bien!!!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire